Elsa (31 ans), Fondatrice de MotherStories

Depuis 4 ans, Elsa nous déniche des parcours uniques et inspirants de mères qu’elle décrit par une plume singulière et qu’elle illustre par de belles photos. Mais, savez-vous réellement qui se cache derrière ce clavier et cet appareil photo ? Aujourd’hui, nous saisissons l’opportunité de vous présenter la femme à l’origine de MotherStories. Elle mérite, à son tour, d’être mise en lumière et d’avoir sa propre story. Découvrez l’Interview inédite d’Elsa vue à travers les yeux de Natalie.

Elsa qui boit son thé

Elsa, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis un melting pot typiquement genevois: un papa moitié turc / moitié suisse, une maman moitié italienne / moitié anglaise. A l’âge de 8 ans, mes parents ont divorcé et j’ai vécu la majeure partie du temps avec ma mère et ma grand-mère qui ont sûrement été mes plus grandes sources d’inspiration. Grâce à elles, j’ai développé, très jeune, un sens esthétique qui m’a naturellement poussée à suivre une voie artistique. A 16 ans, j’ai commencé l’école des Arts-Appliqués en graphisme avant de me spécialiser en Marketing & Communication au SAWI de Lausanne. A 21 ans, j’ai rencontré mon futur mari et trouvé mon premier job de graphiste avant d’évoluer dans le monde de la pub en tant que Directrice Artistique. J’ai eu la chance de travailler sur de nombreux projets passionnants mais, après 6 ans à un rythme effréné (ceux qui ont été en agence comprendront), l’envie de créer mon propre projet a commencé à germer jusqu’au jour où j’ai décidé de sauter le pas.

Pourquoi MotherStories ?
Voulant devenir maman, j’ai commencé à m’intéresser à tout ce qui touchait, de près ou de loin, à la maternité. J’ai été surprise de voir à quel point il était difficile de trouver des réponses à mes questions et ce, malgré la multitude de contenu sur le sujet mais qui était soit mal rédigé, mal expliqué ou mal présenté. Mon ressenti s’est confirmé après un voyage chez ma meilleure amie à Londres qui venait d’accoucher. Là-bas, l’esprit de communauté et d’entraide est très ancré. Tout est pensé et créé pour que les mères se connectent entres elles. Un état d’esprit très “women’s empowerment” présent dans les pays anglo-saxons qui m’a inspiré et donné envie d’insuffler ici. A partir de là, le projet est devenu clair. J’allais créer une communauté pour les mamans imaginée par des mamans qui ont en commun l’envie de se rencontrer, d’échanger et de partager leur expérience de la maternité en toute bienveillance.

Pourquoi ce nom?
Mettre en lumière la maternité était le point de départ. A force de coucher plusieurs variantes sur papier, la plus simple était la plus juste: Histoires de Mères. Après, soyons honnêtes, en anglais ça peps plus (sourire).

Quelle est la question que l’on te pose le plus fréquemment ?
Pourquoi faire un projet pour les mamans quand on ne l’est pas soi-même ?

Et quelle est ta réponse ?
Que MotherStories n’est pas exclusivement dédié aux femmes enceintes ou aux jeunes mamans. MotherStories s’adresse aussi aux femmes qui désirent un enfant ou à celles qui ont en ont déjà des plus grands mais qui ont des conseils à donner ou une expérience à partager.

Qu’est-ce que ça te fait d’être exposée à des histoires de vie si personnelles ?
Je suis très touchée par toutes les femmes extraordinaires que j’ai pu rencontrer à travers l’aventure MotherStories. Des femmes qui, en toute transparence, ont eu le courage de partager un chapitre de leur vie intime. Je leur suis extrêmement reconnaissante de m’avoir fait confiance. Chaque histoire est unique mais ensemble elles rassemblent permettant à d’autres femmes de s’identifier et d’avancer. Ces témoignages ont un impact puissant sur les membres de la communauté et un bénéfice je dirais presque thérapeutique.

Quels ont été les moments importants de MotherStories ?
Ils sont nombreux mais je vais en citer deux.

Le premier concerne Lily, une adorable petite fille qui était atteinte d’un cancer très grave dont j’avais interviewé la wonder-maman Judy. Puis, l’idée m’était venue d’organiser un événement dans le but de récolter des fonds pour aider les parents avec les nombreux frais liés aux soins. Cette journée spéciale a eu lieu au Studio Soham avec sur-place un brunch et des activités pour les enfants. C’était magnifique de voir autant de monde se réunir pour une même cause. Notre unique but était de faire oublier la maladie à une petite fille le temps d’une journée. Cette solidarité m’a énormément touchée et marquée. Et, bonne nouvelle, Lily est aujourd’hui en totale rémission.

Le deuxième est l’arrivée de Natalie dans le projet MotherStories. Je ne pensais pas réussir à déléguer et lâcher si facilement mon bébé à une autre personne mais, après maintenant 1 an de collaboration, je peux affirmer que c’était de loin la meilleure décision. Ce n’est pas un mythe, à deux on est plus fortes et surtout ça avance plus vite ! Natalie et moi sommes complémentaires ce qui a permis d’amener au projet une nouvelle vision mais surtout une nouvelle énergie. J’en profite pour la remercier et lui dire que j’adore partager le quotidien MotherStories avec elle.

Dans ton couple, étiez-vous sur la même longueur d’ondes question bébé ?
Avec du recul, je dois avouer qu’à une certaine période non.

En 2015, j’ai arrêté ma pilule très excitée à l’idée de tomber enceinte mais 1 an plus tard, toujours rien. Inquiète (de nature), j’ai souhaité investiguer. Première divergence. Aux yeux de mon mari, il fallait laisser faire la nature et nous laisser le temps.

Je me décide quand même à faire vérifier si mes trompes étaient bouchées mais rien de ce côté. La spécialiste en fertilité m’annonce alors que l’étape suivante serait un spermogramme. Deuxième divergence, il ne voulait pas en entendre parler à ce stade.

Frustration et incompréhension commençaient à s’installer de mon côté. Je ne comprenais pas pourquoi il n’était pas aussi pressé que moi à l’idée de devenir parent. Lui, à l’inverse, me reprochait de nous mettre trop de pression avec pour conséquence des relations intimes devenues programmées et mécaniques.

Nous n’étions simplement pas prêts au même moment et pourtant c’est la clé…

Mais pas que ?
Non pas que (sourire). Il y a quelques mois, on m’a diagnostiqué une endométriose de stade 2. J’ai été consulté car je commençais à avoir de plus en plus mal à l’approche de mon ovulation et de mes règles. Des crampes, une lombalgie permanente, des douleurs lors des rapports mais surtout des baisses de moral terribles (doutes, angoisses, pleurs…). De nature plutôt enthousiaste et positive, je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait. Le spécialiste qui me suit m’a clairement dit que c’était la raison pour laquelle je n’étais pas tombée enceinte jusqu’à ce jour.

Quel traitement t’a t-il proposé ?
Pour tomber enceinte aujourd’hui, il faudrait que je passe par un protocole d’insémination ou de FIV. Cela voudrait dire continuer à avoir mal chaque mois jusqu’à ce qu’une grossesse se confirme. Plus de douleurs (en théorie) les 9 mois suivants car plus de règles. Quelques mois après l’accouchement, je pourrais reprendre la pilule de manière continue afin de lutter contre la douleur et éviter que la maladie ne s’aggrave car il faut savoir qu’à chaque nouveau cycle, l’endométriose devient un peu plus profonde.

Dans quel état d’esprit es-tu aujourd’hui vis-à-vis de la maternité?
Après des années à courir après elle, j’ai décidé aujourd’hui, non pas, de me résigner, mais de simplement laisser les choses se faire naturellement. Et puis, à force de vivre par procuration la vie de centaines de mamans, je ne suis plus très sûre d’avoir envie d’un enfant à moi (rires). Aujourd’hui je me sens épanouie dans ma vie et dans mon couple. J’ai trouvé un juste équilibre que je ne suis pas prête, pour l’instant, de chambouler. Mais par dessus tout, j’apprécie ma liberté. Une liberté accentuée par le fait de travailler à mon compte.

Quel conseil donnerais-tu à une femme qui essaie de tomber enceinte?
En ce qui concerne la maternité, tout le monde a un avis à donner et ne se gêne pas pour le faire. Le nombre de fois où l’on m’a dit: “mais lâche prise, ça va venir”. À ce moment, tu n’as qu’une envie, leur casser la gueule (rires). Donc plutôt qu’un conseil, je lui dirais de s’écouter et de se faire confiance. C’est un peu bateau mais c’est la seule combinaison réellement gagnante.

Une femme inspirante?
Ma grand-mère maternelle. Une femme unique, belle, généreuse et résolument moderne pour son époque !

Qu’aimes-tu faire pour te ressourcer seule et en couple?
Être seule à la maison (sourire). Je suis très sociable mais je peux aussi passer des heures chez moi à faire et à défaire la déco en changeant objets et meubles de place. Mon Home Sweet Home me ressemble et me rassure. Sinon, j’adore lire, la photo, bien manger et les massages ! Si je me sens un peu down, je réserve 30 minutes de massage thaï des pieds ou du dos et ça me rebooste. En couple, je dirais qu’un city break est vraiment le meilleur remède anti-routine.

Que t’a apporté MotherStories ?
Tellement de choses ! La dimension humaine avant tout. Depuis 4 ans, je rencontre quotidiennement des personnes fantastiques qu’elles soient mamans, sages-femmes, gynécologues, professeurs, coaches bref, la liste est longue. Mais aussi l’aspect entrepreneurial. Je suis partie de 0, sans savoir par où ni quoi commencer. J’ai appris en 4 ans bien plus que n’importe où ailleurs. Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus confiance en moi et me sens capable de soulever des montagnes (sourire).

Elsa, que peut-on te souhaiter aujourd’hui pour demain?
Que l’aventure MotherStories continue de plus belle. Nous sommes en train de travailler sur plusieurs nouveaux projets dont un nouveau service que l’on révélera, en avant-première, aux chanceuses présentes à la MothersNight du 12.03 chez Herstreet (plus d’infos ici). On se réjouit.

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